Aprilia
est une entreprise qui n'a rien à envier aux constructeurs
japonais. Ses scooters et ses motos novatrices, mais également
ses victoires sportives ont forgé et forgent encore sa renommée.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes: avec 18 employés en 1968,
la firme de Noale emploie 1200 personnes en 1996. Aujourd'hui,
le constructeur italien poursuit son expansion: à Scorzè,
à seulement 6 kilomètres du siège de Noale et à 30 kilomètre
à l'ouest de Venise, il a ouvert au printemps les portes de
sa nouvelle usine. Et comme on pouvait s'y attendre pour une
firme dirigée par Ivano Beggio, qui s'est donné pour objectif
d'être le leader européen sur le marché en l'an 2000, la production
suit un rythme soutenu. Pas moins de 1200 deux-roues sortent
chaque jour des halles de Scorzè et de Noale. En juin, la
haute saison, ce chiffre atteint même les 1400 unités. Le
dernier né de la production de Scorzè s'appelle Leonardo,
immédiatement baptisé Leo par les fans. Depuis le 17 avril,
Aprilia assemble le très attendu scooter 125 cm3 à quatre
temps: 100 unités du premier scooter au monde doté d'un moteur
à quatre soupapes sortent chaque jour d'usine. Bientôt, ils
seront 150. Le Leo doit cependant régulièrement céder la place
sur la chaîne de montage au très sophistiqué Gulliver 50,
avec lequel la production alterne d'une semaine à l'autre.
Actuellement sept chaînes fonctionnent simultanément à Scorzè,
occupant 400 personne, dont étonnamment beaucoup de jeunes
femmes. "Nous avons constaté", confie Roberta da Ros, porte-parole
d'Aprilia, "que les femmes travaillent souvent mieux que leurs
collègues masculins, c'est-à-dire avec une plus grande précision
et surtout davantage de constance."
Mais
pour Aprilia, le chemin du succès n'a pas toujours été facile.
Tout a commencé il y a 28 ans. Alberto Beggio, père d'Ivano,
actuel président d'Aprilia, a d'abord fondé une fabrique de
bicyclettes, qu'il nomma d'après une limousine Lancia: Aprilia.
Passionné de sport motorisé, Ivano persuade son père de ne
pas se limiter aux seuls vélos, mais de produire aussi de
petites motos tout terrain. Ivano s'est également lui-même
lancé dans des courses de motocross. Il reconnaît aujourd'hui
cependant avoir trop souvent mordu la poussière. En 1975,
Ivano Beggio entame la production de vélomoteurs de 50 cm3.
Cinq ans plus tard, il donne une nouvelle orientation à l'entreprise:
Aprilia se concentrera de plus en plus exclusivement au développement
de deux-roues et décide de déléguer la fabrication de toutes
les pièces à des fournisseurs externes. Mais il faut attendre
les années 90 pour obtenir la percée décisive, qui s'étendra
à tous les domaines d'activité. En 1991, Aprilia sort son
premier scooter, le modèle Amico, qui réalise des records
de vente, tout comme deux ans plus tard le Scarabeo. Mais
le Gulliver et le sportif SR 50 ne restent non plus jamais
longtemps en magasin.
En 1992, Aprilia conclut un contrat avec BMW et fabrique depuis
à Noale la très vendue BMW Funduro F 650. En Italie, le nombre
d'immatriculations pour des véhicules Aprilia a déjà nettement
dépassé celles des Suzuki et des Kawasaki. À ceci s'ajoute
le triomphe sportif de Max Biaggi, qui a remporté en 1994
et 1995, le championnat du monde sur Aprilia dans la catégorie
des 250 cm3. Pour couronner le tout, Aprilia présentera à
la fin de l'année une machine de 1000 cm3 au salon IFMA de
Cologne. Mais peu s'en est fallu pour qu'Ivano Beggio lui-même
ne réduise à néant cette brillante réussite. Dans les années
80, le remuant manager tenta en effet de se lancer comme fabricant
de meubles et de lunettes - ce qui n'aboutit à rien, excepté
à d'importantes dettes. À l'heure actuelle, presque tout est
remboursé; Beggio s'est séparé des entreprises étrangères
à la branche motocycliste, et s'en est retourné bien sagement
à ses deux-roues.
<<
Retour Histoire